Temps de lecture : 2 minutes. Pendant que la lumière se braque sur la cigarette électronique et le vapotage, le narguilé se fait discret. Pourtant, il continue de séduire, souvent loin des regards.
La diminution du tabagisme classique est une excellente nouvelle pour la santé publique, aux États-Unis comme ailleurs. Mais pendant que la cigarette recule, d’autres façons de consommer du tabac gagnent du terrain, parfois en toute tranquillité.
La cigarette électronique, par exemple, s’est retrouvée sur le devant de la scène. Son usage massif chez les adolescents, les blessures, et même des décès ont relancé le débat. Mais il existe une autre option, plus ancienne et tout aussi répandue : le narguilé.
Qu’est-ce qu’un narguilé ?
Le narguilé, souvent appelé chicha, a d’abord été utilisé dans le cadre de rituels en Inde et au Moyen-Orient. L’objet est reconnaissable : un réservoir d’eau, un foyer rempli de tabac aromatisé, un tuyau souple par lequel on aspire la fumée.
Si le narguilé existe depuis des siècles, il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, surtout chez les adolescents et les jeunes adultes. Selon l’American Lung Association, près de 600 000 lycéens (soit 4,1 %) et 140 000 collégiens (1,2 %) ont utilisé un narguilé au cours du dernier mois. Les chiffres du CDC vont dans le même sens : le côté convivial du narguilé contribue à sa popularité. Les sessions se font souvent en groupe, et les bars à chicha fleurissent, des grandes villes européennes à l’Amérique du Nord.
Le narguilé est-il sans danger ?
Beaucoup d’utilisateurs s’imaginent que l’eau du narguilé agit comme un filtre magique, rendant la fumée moins nocive que celle d’une cigarette classique ou électronique. Le Dr Mehdi Mirsaeidi, pneumologue et spécialiste en soins intensifs à l’Université de Miami, ne partage pas cet avis : les narguilés sont loin d’être une solution moins risquée. « Que l’on parle de cigarettes, de vapoteuses ou de narguilés, aucune de ces options n’offre de sécurité », martèle-t-il.
« Ces produits représentent le même danger dans des emballages différents. »
La réalité, c’est que le narguilé peut même exposer à des risques particuliers, différents de ceux liés à la cigarette, selon l’American Lung Association. La fumée inhalée lors d’une session de chicha contient au moins 82 substances chimiques et agents cancérigènes, parmi lesquels du goudron, des métaux lourds et de la nicotine. Le charbon utilisé pour chauffer le tabac libère aussi ses propres toxines : monoxyde de carbone, métaux, particules fines. Quant à l’eau, elle n’élimine pas la majorité des substances dangereuses et addictives présentes dans la fumée.
Autre piège : les arômes. Pour séduire les plus jeunes, les fabricants rivalisent d’ingéniosité et de saveurs : cerise, chocolat, cappuccino, pomme, menthe, noix de coco… autant de parfums qui masquent le goût du tabac, mais pas ses dangers. Le CDC rappelle que ces parfums participent à l’attrait du narguilé.
Si les arômes contribuent à rendre la chicha populaire chez les jeunes, ils ajoutent aussi une part de risque.
« La fumée abîme déjà les poumons, mais les arômes aggravent encore la situation », résume le Dr Mirsaeidi.
En somme, aucune illusion à se faire : le narguilé n’est pas une alternative plus douce. Le message du Dr Mirsaeidi est limpide : « Pour la collectivité, aucun de ces produits n’est sans danger. »
Wyatt Myers signe cet article pour UMiami HealthNews.



Qu’est-ce qu’un narguilé ?